Présentation du Projet de Traversée de l'Atlantique

Introduction

              - La surdité, un handicap mal connu

Dans le Sillage de Laurent Clerc

              - Le Projet
              - Symboliques du voyage
              - Points à analyser
              - Retombées médiatiques
              - Conclusion

Le Partenariat

              - Modalités du partenariat
              - Durée du contrat et déclinaison

Les Intervenants

              - Le Chef de Projet
              - Le Skipper

 

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Introduction

La surdité est un handicap peu connu, et même relativement mal connu du grand public. On s’imagine volontiers que c’est un handicap qui touche majoritairement la population âgée. Pourtant il existe de très nombreuses personnes de tous âges souffrant à un degré ou un autre de cette infirmité dont le caractère le plus redoutable est sans doute d’être physiquement INVISIBLE.

 

La surdité, un handicap mal connu

On estime à sept pour cent environ le nombre de personnes d’une population donnée touchée à un degré ou un autre par la surdité. Cela va de l’enfant né sourd au vieillard atteint par la presbyacousie. Aussi curieux que cela puisse paraître, ce nombre de sept pour cent est une constante qui se retrouve partout dans le monde et dans toutes les civilisations. Un simple calcul montre, que pour la France, le chiffre des personnes concernées dépasse les quatre millions.

Les enfants nés sourds n’ont pas toujours bénéficié d’un enseignement comme celui qui existe pour eux de nos jours. En France, cet enseignement a été, jadis, initié par le célèbre abbé Charles-Michel de l’Epée (1712-1789). Ce prêtre réussit à fonder une école qui allait devenir l’Institution Royale des Sourds de Paris. Protégée par Louis XVI, elle eut un grand développement puisqu’elle est reconnue comme étant la première école publique au monde pour les enfants sourds. Elle est toujours présente de nos jours.

Mais il existe un épisode mal connu de la vie de cette école. C’est celui relatif à Laurent Clerc. Ce garçon, arrivé à l’Institution à douze ans, sans savoir lire ni écrire, se montra tellement doué qu’il y devint, plus tard, enseignant. Il fut par la suite remarqué par un américain, Thomas Gallaudet, qui, reconnaissant sa valeur, l’invita à s’établir en Amérique où rien n’existait alors pour les enfants sourds !

L’éducation des enfants sourds des Etats-Unis est donc basée sur ce qui existait en France. Si l’abbé de l’Epée en a été l’inventeur, Laurent Clerc en a été « l’exportateur ». Les américains ne l’ont pas oublié et le personnage comme le souvenir de Laurent Clerc sont très vénérés et respectés dans ce pays.

Mais il fallait un événement international et de large portée médiatique pour remémorer cette grande page de l’histoire des relations entre la France et l’Amérique. C’est ce que nous vous proposons de vivre au travers de ces pages.

 

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Dans le sillage de Laurent Clerc

Ce chapitre présente notre projet, basé sur le voyage que fit le français Laurent Clerc vers les Etats-Unis en 1816, où il fonda la première école pour les enfants sourds américains. Notre idée, par sa particularité, se veut un symbole et un souvenir de la portance de l'éducation des enfants sourds de la France vers les Etats-Unis d'Amérique. Elle souhaiterait également être un pont entre sourds et entendants pour favoriser et améliorer les échanges et mieux faire connaître la surdité au travers d'événements liés à notre projet de traversée.

 

Le Projet

Concrètement, le projet consistera à louer un voilier du type 50 ou 60 pieds Open et de le faire partir du Havre. Pour respecter l’esprit du projet, la date du départ serait le 18 juin puisqu’il est connu que Laurent  Clerc a quitté Le Havre le 18 juin 1816. Nous comptons arriver à notre destination, aux Etats-Unis, aux alentours du 9 juillet, toujours pour respecter le chiffre du jour, car Clerc est arrivé sur la côte américaine un 9 août.

Quant au lieu de l'arrivée, notre désir est de nous rendre dans un lieu symbolique de la présence et de l'œuvre de Laurent Clerc. Nous avons à choisir entre deux endroits :

        - L'un est Hartford (Connecticut), accessible à partir du port de New Haven. C’est à Hartford que fut fondée par Clerc, en 1817, la première école pour les enfants sourds américains.

        - L'autre est Washington (District de Colombie), capitale fédérale des Etats-Unis, où se trouve l'Université Gallaudet. Washington est accessible par la baie de Chesapeake et le fleuve Potomac. L’université Gallaudet est le prolongement de l’œuvre de Clerc. C’est la seule université au monde prévue pour les étudiants sourds.

Une autre option est d’aller aux deux destinations selon les possibilités d'utilisation du bateau qui sera retenu et les conditions de navigation qui seront rencontrées sur la côte américaine.

 

Symbolismes du voyage

Deux symbolismes importants sont retenus pour ce voyage :

1 –L’engagement de personnes sourdes et malentendantes dans un événement retraçant lui-même un moment clé de l’histoire de la culture sourde :

Le premier symbolisme fort de ce voyage réside dans le fait que l’équipage du voilier sera majoritairement composé de personnes sourdes et malentendantes.

A une époque où la participation des handicapés de l’ouïe à de grands moments festifs, culturels ou sportifs est trop souvent minoritaire, nous proposons une alternative de projet visant à fédérer la population sourde autour d’un symbole de la culture sourde, le tout étant organisé par des sourds, pour des sourds, et réalisé avec une majorité de sourds.


2 – Un buste de Laurent Clerc réalisé par un sculpteur français :

L’autre moment fort de ce voyage sera concrétisé par l’apport d’une sculpture. Nous avons choisi la copie du grand buste de Laurent Clerc, œuvre du sculpteur sourd français Pierre Athurion, qui se trouve au musée Laurent Clerc de La Balme les Grottes, en France. Au cas où nous devrions nous rendre aux deux endroits successifs (voir paragraphe précédent), nous essaierions, évidemment, d'emmener deux bustes. Ces sculptures seront remises de la main à la main aux sourds américains, délégués, responsables d'associations ou d'organismes désignés, ou encore choisis pour leur représentativité.

 

Les points à analyser

Détaillons rapidement quelques-uns des principaux points à définir pour que ce voyage  hautement symbolique puisse avoir lieu :

1 - Le bateau
Il s'agira d'un voilier du type de ceux qui participent aux courses transatlantiques et qui font environ 16 ou 18 mètres de long (c'est-à-dire 50 ou 60 pieds). Ces longueurs permettent d'affronter aisément la haute mer. Le voilier sera loué.

2 – Le programme
En ce qui concerne la durée de la location, elle pourrait se limiter à trois mois, de juin à août selon le planning suivant :

        - Du 1er au 17 juin : ce lap de temps serait mis à profit pour préparer le bateau, entraîner l'équipage et mener le voilier au Havre s'il est pris dans un autre port. Deux week end dans cette grande ville permettraient d’accueillir le public sourd et son entourage (famille, amis, associations, écoles …). Nous aurons la possibilité d’organiser des conférences et d’informer largement les médias, la population, le milieu nautique déjà sensibilisé par certaines courses partant du Havre… Il est aisé de comprendre qu’il s’agit là d’un événement unique en son genre parfaitement susceptible d’attirer beaucoup de monde.
       
        - Le 18 juin aurait lieu le départ.
       
        - Trois semaines sont prévues pour la traversée, avec arrivée aux alentours du 9 juillet.
       
        - Le séjour aux Etats-Unis durera trois semaines. Cette perspective nous mène à fin juillet. Sur place nous proposerons des sorties à bord du bateau avec, par exemple, des enfants sourds de l’école de Hartford ou des étudiants de l’université Gallaudet.

        - Enfin, le mois d'août nous permettrait de rentrer en France et de rendre le voilier à son propriétaire.

3 - L'équipage
Un minimum de six personnes, toutes sachant barrer et ayant, autant que possible, une expérience de la voile hauturière, est prévu. Il faut au moins deux entendants à bord car nous sommes obligés de suivre, sauf dérogation, la réglementation maritime internationale. Enfin, en souvenir de la présence de Thomas Gallaudet à bord du Mary Augusta, nous nous proposons d'embarquer un sourd américain !

4 - Le séjour aux Etats-Unis
Nous comptons sur nos amis américains pour que ce séjour nous soit facilité à divers points de vue, notamment pour l’accueil et le stationnement du bateau dans les ports et marinas où il devra se rendre.

5 - Les symboles, l’œuvre d'art
C'est un point pour lequel une réflexion est nécessaire. Comme dit plus haut, nous songeons à faire fabriquer des copies du buste de Laurent Clerc. Ces copies pourront être en bois mais peuvent éventuellement être faites dans un autre matériau.

 

Retombées médiatiques

1 – Via la communauté sourde elle-même :

- Les nombreux contacts que nous avons auprès de la population sourde et malentendante communicant  via Internet nous permettront d’être rapidement et fortement connus et reconnus par les surfeurs sourds. La projection de vidéos, sur le site, retraçant les pérégrinations de l’équipage, ne manquera pas d’intéresser ce public.

- Une cérémonie du souvenir accompagnera le départ du bateau au Havre ainsi qu’à son retour. Cet événement ne manquera pas d’attirer de très nombreuses personnes qui viendront nous soutenir et nous encourager tant au départ de notre traversée qu’au terme de notre aventure. Un partenariat logistique d’accueil de la municipalité du Havre sera sollicité.

2 – Via les médias :

        - Journaux : Presse quotidienne et régionale.

        - Magazines : Presse nautique, presse d’actualité générale, presse spécifique des sourds et des malentendants, etc…

        - Télévision

Nous espérons encore que nos amis américains sauront nous recevoir avec le protocole qu'exigera la remise des bustes de Laurent Clerc que nous leur apporterons. Nous savons tous le respect et la vénération dont la mémoire de Laurent Clerc fait l'objet aux Etats-Unis. Cette partie de notre aventure pourra également être largement rapportée par les médias et se retrouver, bien entendu, en exclusivité sur un site Internet.

 

Conclusion

Nous souhaitons vivement que notre projet intéresse tous ceux qui voudront bien y engager leurs efforts et leur énergie. La dotation globale reste modeste au regard d’autres réalisations de bien moindre portée.

Par son intérêt, son haut symbolisme, la représentativité auprès de la population sourde et malentendante, la réalisation de ce projet permettra de nombreuses retombées médiatiques. Il apportera, en outre, un nouvel espoir ravivant le souvenir de Laurent Clerc et améliorant la connaissance de la surdité par le grand public.

Par ailleurs, nous aurons la possibilité, grâce aux technologies de la communication dont Internet est l’un des meilleurs exemples, d’y impliquer les enfants des écoles et les associations de sourds des deux côtés de l'Atlantique.

 

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Le Partenariat

Notre projet veut faire appel au partenariat avec des sociétés ou groupes tant français qu’américains. Il n’est pas indispensable que ces sociétés soient proches ou activement introduites dans le monde de la surdité. Les personnes sourdes, comme toutes les autres, sont des consommateurs au sens large et sauront reporter leur attention sur les produits des entreprises soutenant toute action les concernant.

Modalités du partenariat

Celui-ci, qui devra être actif, fera l’objet d’une concertation collégiale entre les différents partenaires qui auront le droit d’utiliser l’image du bateau et celle des membres de l’équipage dans leur communication. En contrepartie nous apporterons notre expérience tant dans le monde de la surdité que dans celui de la voile (voir chapitre « Intervenants »).

Certains investissements particulièrement techniques ou ciblés pourront faire l’objet d’étude ou de discussion. Nous pensons notamment aux fabricants et fournisseurs d’appareillages relatifs à l’audition et aux prothèses auditives. Nous resterons, autant qu’il nous sera possible, attentifs, disponibles et prêts à toutes rencontres.

Durée du contrat et déclinaison

La durée du contrat est de quatre mois, du 15 mai au 15 septembre. Ce contrat englobe la période des trois mois prévus pour la navigation (du 1er juin au 31 août). Il nous paraît, en effet, nécessaire d’avoir un soutien avant et après l’aventure.

La déclinaison concerne le titre à donner à chaque partenaire comme par exemple « Partenaire Officiel de la Communication »… ou tout autre titre dépendant des buts suivis par l’entreprise ou la société. Elle comprend aussi la signalétique à apposer sur les vêtements de l’équipage, les voiles, la coque du bateau, etc… Ceci se fera au prorata de l’investissement. Le nom du voilier sera également à définir en accord avec les partenaires. Nous avons pensé l’appeler « Mary Augusta » pour des raisons historiques.

 

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Les intervenants

Qui sommes-nous, qui présentons ce document ? Question évidemment normale que ne manqueront pas de se poser ceux qui le lisent ! Ce chapitre est consacré à une rapide présentation des instigateurs de ce projet.

 

1 - Le chef de projet

René Legal a débuté comme électronicien avant de travailler de longues années comme informaticien de haut niveau sur gros ordinateurs IBM. Il a pratiqué plusieurs langages de programmation et a eu des responsabilités au niveau des grands systèmes d’exploitation et des Bases de Données sous machines virtuelles. Devenu navigateur, il cumule plus de 11.000 milles nautiques (plus de 20.000 Km) à ce jour. Il a fait le tour de l’Espagne et du Portugal avec son voilier pour aller explorer la Méditerranée, allant jusqu'en Tunisie.

Il a pris la responsabilité de ce projet qui est son idée personnelle et initiale. Cela fait plusieurs années déjà qu’il a imaginé de refaire le voyage de Laurent Clerc. Il a perdu l'audition des suites d’une méningite.

Il a également été militant et responsable d’associations de sourds à divers niveaux y compris au niveau national. Il a fait plusieurs voyages aux Etats-Unis et dans de nombreux pays. Ses loisirs lui ont encore laissé le temps de mettre au point des logiciels orientés sur la surdité, d’écrire des articles pour une revue d’informatique et d’intervenir près de France–Télécom pour la formation des personnes sourdes à la communication avec le Minitel. Il a également été rédacteur en chef bénévole d’Echo-Magazine, mensuel des sourds et malentendants de France, éditorialiste, chroniqueur, auteur de nombreux reportages.

 

2 – Le skipper

Eric Denamiel est skipper professionnel et a fait pratiquement toute sa carrière dans le milieu nautique, tour à tour préparateur, accastilleur, équipier, skipper, formateur… Il a été coordinateur d’une mission de coopération au Brésil. Il est aussi examinateur des épreuves pratiques de navigation à l’examen du Brevet de Patron de Plaisance à la Voile (BPPV / Brevet d’Etat). Il a suivi une formation en Langue des Signes dans le cadre d’un projet pédagogique « voile » à destination de la population sourde.

En quinze ans, il a effectué treize traversées de l’Atlantique et a parcouru chaque année plus de 12 000 miles nautiques (plus de 22 000 Km) en tant que professionnel. Il a été recordman de la traversée de la Méditerranée en 1988 et 1989. Il a participé deux fois à la « Transat Jacques Vabre » ainsi qu’à la course « Lorient – Saint Pierre et Miquelon – Lorient ».En 2001 il a été skipper bénévole pour Handy-Vélis. Eric est entendant.

 

 

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